Exposition Jean-Louis Martire : une première exposition majeure pour un artiste méconnu du Bassin de Thau
Du 28 février au 30 août 2026, le Musée de l’Étang de Thau à Bouzigues consacre une exposition exceptionnelle à Jean-Louis Martire, artiste autodidacte sétois dont l’œuvre, restée largement inédite, mérite enfin d’être découverte par le grand public. Cette rétrospective inédite présente près de 40 années de création à travers un ensemble remarquable de sculptures, assiettes, dessins, tableaux et gravures.
Jean-Louis Martire, surnommé « L’Armaneur » en référence à son ancien métier de lamaneur (celui qui guide les navires dans les ports), incarne cette figure rare de l’artiste affranchi, né d’un accident de la vie qui a transformé un homme de mer en créateur visionnaire.
Du lamaneur à l’artiste : une trajectoire singulière
Né à Sète dans une famille de pêcheurs, Jean-Louis Martire a grandi au contact de l’étang de Thau et de la Méditerranée. Homme de l’étang, homme de mer, il exerce le métier de lamaneur, guidant les navires à l’entrée et à la sortie du port de Sète, jusqu’à ce que le destin en décide autrement.
En 1977, l’explosion du pétrolier Gunny dans le port de Sète change radicalement le cours de sa vie. Cet accident dramatique le contraint à l’arrêt et à la convalescence. C’est pendant cette période de récupération que des outils de couleurs lui sont mis entre les mains. Ce qui aurait pu n’être qu’une parenthèse devient une révélation.
Bien qu’il ait rapidement repris son travail de lamaneur, Jean-Louis n’a jamais cessé depuis de dessiner, peindre et sculpter. L’art devient alors son double langage, son moyen d’expression parallèle à sa vie maritime.
Des « hiéroglyphes de l’inconscient »
Jean-Louis Martire qualifie lui-même ses créations d’« hiéroglyphes de l’inconscient ». Peintre qui se dit « mediumnique », il travaille dans un état proche de la transe créative, laissant son inconscient guider sa main. Ses œuvres semblent improvisées, surgir spontanément, et pourtant elles ne connaissent pas la rature. Chaque trait, chaque forme est définitif, comme dicté par une force intérieure.
Ce processus créatif particulier donne naissance à des œuvres qui nous ramènent irrémédiablement à un imaginaire de l’eau et de son biotope. Formes organiques, créatures aquatiques fantasmées, flux et reflux des courants, profondeurs mystérieuses… L’univers de Martire est profondément ancré dans son vécu d’homme de l’étang et de la mer.
Un héritier des artistes affranchis
Jean-Louis Martire s’inscrit dans la lignée des artistes affranchis, ces créateurs autodidactes qui échappent aux cadres académiques et aux conventions du monde de l’art pour développer un langage plastique personnel et authentique. Il partage cette filiation avec Pierre François, autre figure de l’art brut et singulier.
Comme ces artistes affranchis, Martire n’a pas reçu de formation artistique formelle. Son art naît de l’urgence intérieure, du besoin vital de créer, et non d’une démarche intellectualisée ou d’une volonté de reconnaissance. C’est cette authenticité brute qui fait la force et l’originalité de son travail.
Une exposition rétrospective inédite
Cette exposition au Musée de l’Étang de Thau est une première absolue. Jamais le travail de Jean-Louis Martire n’avait été montré de manière aussi complète et sur une période aussi longue. Le parcours proposé traverse près de 40 années de création, permettant de suivre l’évolution de son univers plastique et thématique.
Le visiteur découvrira un ensemble varié composé de :
– Sculptures : formes organiques inspirées du monde aquatique
– Assiettes peintes : support atypique témoignant de l’inventivité de l’artiste
– Dessins : premiers jets de ses visions intérieures
– Tableaux : œuvres picturales aux couleurs et formes libérées
– Gravures : travail du trait dans la matière
Cette diversité des supports témoigne de la richesse créative de Martire et de sa volonté d’explorer tous les moyens d’expression à sa disposition.
Un lieu d’exposition idéal
Le Musée de l’Étang de Thau, situé sur le quai du port de Bouzigues, est le lieu idéal pour accueillir cette exposition. Musée consacré au patrimoine naturel et humain de l’étang de Thau, il fait écho à l’univers de Jean-Louis Martire, homme de l’étang devenu peintre de ses profondeurs imaginaires.
Le cadre même du musée, avec sa proximité immédiate avec l’étang, crée une résonance particulière avec les œuvres exposées. Les visiteurs peuvent ainsi prolonger leur découverte en contemplant l’étang lui-même, source d’inspiration première de l’artiste.
Informations pratiques
L’exposition est ouverte tous les jours de 10h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00, du 28 février au 30 août 2026 (Fermé le lundi). Ce rythme de visite permet une large accessibilité, que vous soyez de passage dans la région ou habitant local.
Le tarif d’entrée est de 5€, donnant accès à l’exposition temporaire ainsi qu’aux collections permanentes du musée. Aucune réservation n’est obligatoire, vous pouvez venir spontanément.
Le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite, permettant à tous de découvrir l’univers de Jean-Louis Martire.
Pour toute information complémentaire, contactez le Musée de l’Étang de Thau au 04 67 78 33 57 ou consultez le site patrimoine.agglopole.fr.
Une opportunité unique de découvrir un artiste secret
Cette exposition représente une occasion rare de plonger dans l’univers d’un artiste qui a travaillé dans l’ombre pendant des décennies. Jean-Louis Martire n’a jamais cherché la reconnaissance du monde de l’art. Il a créé par nécessité intérieure, fidèle à ses visions et à son lien viscéral avec l’eau.
Aujourd’hui, le Musée de l’Étang de Thau lui offre la visibilité qu’il mérite, permettant au public de découvrir ce trésor caché du patrimoine artistique du Bassin de Thau. Ne manquez pas cette première rétrospective d’un artiste singulier et authentique, dont l’œuvre témoigne d’une vie marquée par la mer et transformée par l’art.


